La punition chez le chien

Correction, punition ou sanction ? Ces trois mots sont très semblables et pourtant, ils ont un sens un peu différent. Le mot « correction » est plus approprié car il sous-entend l’idée positive que l’on dirige son chien correctement.

En revanche, le mot « punition » a des bases psychologiques qui comprend l’idée de justice, de vengeance, de moralité et de procédure. Le chien est jugé et puni, et son juge le sanctionne.

Une culture de la punition

Curieusement, notre culture a construit en règle l’utilisation de la punition dans l’éducation, que ce soit d’un enfant ou d’un chien et la répression est la technique souveraine. Pourtant, elle est inefficace à long terme.

Les effets temporaires de la punition chez le chien

La correction n’est pas efficace à long terme, la répétition des corrections, non plus. Pourquoi ? Parce qu’elle n’a jamais permis l’apprentissage de nouveaux comportements, de nouvelles stratégies.

Votre chien, limité dans la production de ses comportements, ne pourra rien faire d’autre que de les répéter, de récidiver, tant qu’il n’aura pas appris à se comporter autrement, à se comporter mieux. Et il n’apprendra à mieux se comporter qu’à l’aide de récompenses et de friandises.

La seule correction est celle qui est efficace. Mais l’efficacité sur le comportement doit être réelle et ne pas casser le lien d’attachement, ni créer des émotions négatives de longue durée chez votre chien.

Quelle est la correction efficace sur le chien ?

Il existe plusieurs sortes de punitions pour corriger son chien. En voici quelques exemples :

  • Un contact désagréable ou douloureux : une intervention corporelle sur votre chien, comme le ferait la mère, par exemple, une morsure contrôlée à la face ou au cou. Par extension, une claque sur le nez, sur la face, sur les oreilles, une prise en main de la peau de la nuque avec abaissement du chien vers le sol. En s’éloignant de plus en plus de la correction maternelle, on peut envisager une claque ou un coup avec un objet, une traction de laisse sur le collier étrangleur, etc.
  • Une expression vocale et ritualisée, un grognement de menace type dominant. Par extension, une engueulade, un « non » voix forte et grave.
  • Un stimulus social et affectif : un retrait social, une mise « hors jeu », hors du groupe, en isolement temporaire, pour un chien qui recherche la compagnie sans arrêt.
  • Une correction symbolique.
  • Une correction à l’aide d’un appareil.

La technique de correction éducative chez le chien

La correction doit être systématique. Elle est administrée pendant un acte fautif ou intolérable, en flagrant délit de mauvaise action.

Les règles pour punir son chien :

  • Punir pendant l’acte délictueux, une seconde après l’acte, c’est déjà trop tard!
  • Punir sans colère,
  • Punir sans rien dire, sauf « non »,
  • Punir physiquement : les chiens se mordent le cou et les oreilles pour se corriger entre eux. Faites presque pareil avec vos mains et empoignez votre chien par la peau du cou en l’obligeant à se coucher ou à se retourner en position de soumission.

Pourquoi faut-il corriger un chien le plus vite possible ?

Si le comportement n’est pas corrigé, cela signifie pour votre chien qu’il est acceptable. Si votre chien ronge un canapé pendant cinq minutes avant votre intervention, il se fait du bien, il est donc récompensé.

La non-intervention est une récompense. Si votre chien est corrigé par la suite, il est souvent trop tard et la correction risque d’être insuffisante par rapport aux bénéfices retirés du grignotage.

Si le chien commet un délit en votre présence sans réaction immédiate de votre part, c’est que vous lui donnez l’autorisation de commettre des délis.

Une punition tardive lui signifierait que vous ne savez pas ce que vous souhaitez. Vous émettez un double message : « Oui, puis non ». Comment peut-il s’y retrouver ?

Dans les cas où le chien émet des comportements désagréables comme tirer sur la laisse, aboyer ou ronger un meuble, il est dans un état d’excitation croissante. Plus la correction est tardive, plus il faudra d’énergie donc une correction de plus en plus forte pour contrer l’excitation de votre chien.

Si une claque suffisait pour arrêter une infraction en début de comportement, il est possible qu’au milieu ou en fin de comportement, cette même claque ne soit pas du tout ressentie comme une correction, mais bien comme une irritation supplémentaire, une entrée en conflit, une menace.

Elle risque d’amplifier l’excitation ou la colère du chien, aggravant dès lors tout problème ou provoquant de l’agressivité.

Comment corriger un chien qui fait des bêtises quand il est seul ?

C’est tout simplement impossible de façon directe. Il faut recourir à la technologie, par exemple faire surveiller le chien par une caméra et lui faire porter un collier à jet d’air (voire à décharge électrique) déclenché à distance par une télécommande.

Corriger votre chien à votre retour à la maison n’a aucun sens. Ce ne serait pas étonnant que votre chien vous accueille avec de moins en moins d’enthousiasme.

Quelle doit être l’intensité de la punition chez le chien ?

L’intensité adéquate de la correction est celle qui permet d’arrêter immédiatement le comportement.

C’est simple et compliqué à la fois car cela change d’un chien à l’autre.

Apprenez à connaître votre chien et déterminez quelle est l’intensité adéquate de la correction pour chaque comportement nuisible, chaque infraction, chaque bêtise.

Faut-il accroître ou diminuer l’intensité des punitions ?

C’est encore un procédé courant et inefficace que d’augmenter progressivement l’intensité de la correction : on dit « non », on crie, on donne une petite claque sur le dos, ensuite on prend un journal, on frappe, on se met en colère, on hurle, etc…

La punition d’intensité progressive est peu efficace. En fait, l’excitation du chien montre parallèlement à la vôtre. C’est à celui qui criera le plus fort, et le chien est presque sûr de gagner !

Il faut donc commencer par une correction d’intensité appropriée, assez forte, suffisante pour arrêter net un comportement (c’est la définition). Ensuite, des interventions de plus en plus modérées seront suffisantes jusqu’à la correction symbolique.

La punition ou correction symbolique

La correction réelle est physique, désagréable et surtout efficace. Une correction symbolique est une information à priori neutre qui a été associée à une correction réelle.

Nuisance Correction Correction symbolique Le chien
Le chien aboie sans raison Claque sur le nez Se tait
Le chien aboie sans raison Claque sur le nez Sifflement Se tait
Le chien aboie sans raison Sifflement Se tait

Dans l’exemple ci-dessus, le sifflement est devenu une correction symbolique. C’est un simple conditionnement classique.

Une claque sur le nez, dont l’intensité est proportionnelle à la taille et à la sensibilité du chien, est désagréable. Si votre chien commence à aboyer sans raison, la claque donnée par surprise, est efficace.

Votre chien se tait. En même temps, il vous regarde d’un air étonné, les yeux grands ouverts. Il baisse le corps et les oreilles afin de vous demander l’arrêt des corrections.

Photo : steve/FlickR
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