La Crèvecoeur fut incontestablement l'une des plus belles races de poules de l'aviculture française. Peu répandue de nos jours, et anciennement appréciée pour sa chair, elle est aujourd'hui surtout considérée comme une volaille d'agrément. C'est une moyenne pondeuse, elle fournit environ 130 oeufs/an.
Groupe | Race française |
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Ordre | Galliformes |
Famille | Phasianidés |
Genre | Gallus |
Nom scientifique | Gallus domesticus |
Descripteur | Linnaeus, 1758 |
La poule Crèvecœur est une pondeuse moyenne pouvant produire 130 œufs/an. L'instinct de couvaison n'est pas présent chez toutes les femelles et celles qui restent sur leurs œufs sont capables de les abandonner si on les dérange trop. Ses capacités de vol sont indéniables mais souvent amoindries par la huppe qui gêne, voire obstrue totalement le champ de vision de l'oiseau.
Ce handicap est très souvent à l'origine d'envols ou de fuites désordonnées mais aussi de son caractère jugé farouche. Ces inconvénients ne sont pas les seuls car huppe, barbe et favoris engendrent une résistance moindre à l'humidité, la présence plus fréquente de parasites externes et une propension au piquage.
La Crèvecoeur est une race française ancienne dont l'arrivée sur le territoire est supposée avoir eu lieu sous le règne de Louis XI entre 1461 et 1483. Elle tire son nom de la commune normande de Crèvecœur-en-Auge où elle a été créée. Au XIXe siècle, la race connaît un succès grandissant et devient l'une des volailles les plus appréciées des gourmets pour la finesse incomparable de sa chair.
En 1855, lors de l'exposition universelle de Paris, un prix spécial est décerné uniquement à cette race. Elle est exportée en Angleterre où son élevage est attesté depuis 1850. Son standard est adopté en 1909, alors même que la renommée de la Crèvecoeur commence à décliner.
Les causes de sa décadence sont en partie les mêmes que celles des autres races françaises (conflits mondiaux, exode rural et arrivée de races étrangères plus productives), mais un fait particulier va précipiter sa disparition. Les Anglais modifient ostensiblement l'apparence de la poule Crèvecoeur en lui donnant une huppe beaucoup plus volumineuse qu'auparavant.
Les juges français, séduits par cette coquetterie, adoptent alors ce standard. Suite à cela, la Crèvecoeur connaît une désaffection unanime des éleveurs normands qui la considèrent comme trop peu rustique et incompatible avec le climat humide local. Cette huppe, qualifiée de "défaut rédhibitoire" provoque la disparition de la Crèvecoeur à partir des années 1950.
En 1976, Jean-Claude Périquet entreprend sa reconstitution et expose ses premiers sujets en 1980. Une version naine est créée aux États-Unis vers 1960, puis en Allemagne dans les années 2000.