Très légèrement plus « grand » et « lourd » que son cousin le Roitelet triple bandeau, le Roitelet huppé est néanmoins l'un des deux plus petits oiseaux visibles en France. Pour bien le mesurer, il faut en avoir vu un à l'œil nu, à faible distance: par quel mystère cette espèce d'oiseau aussi minuscule peut-il résister au souffle du vent ?
Groupe | Passereaux |
---|---|
Ordre | Passériformes |
Famille | Régulidés |
Genre | Regulus |
Nom scientifique | Regulus regulus |
Descripteur | Linnaeus, 1758 |
Très territorial, le Roitelet huppé défend son territoire avec assiduité contre tout intrus. C'un oiseau hyperactif. En activité, il agite nerveusement ses ailes et signale sa présence par un cri haut-perché depuis les conifères denses. Ces oiseaux se nourrissent toute la journée en hiver et se regroupent la nuit dans la végétation dense. Leur capacité à survivre en latitude élevée est étonnante et témoigne de leur adaptabilité alimentaire.
Son chant est discret, il est constitué d'une série de notes triples très aigues, très rapides, tituiti tituiti tituiti.
Il existe 6 espèces de roitelets dans la famille des Régulidés.
Les petits insectes, les larves, les araignées forment la quasi-totalité du régime alimentaire du Roitelet huppé. Ces proies sont capturées au fil d'incessants déplacements sautillants ou voletants, parfois à l'occasion de brefs vols sur place.
Le Roitelet huppé est un oiseau forestier qui vit surtout dans les forêts de conifères ou mixtes, car il apprécie les essences à aiguilles. En hiver, il disperse en dehors des forêts et des boisements, et peut alors visiter les jardins.
Si le Roitelet huppé est visible toute l'année, l'automne et l'hiver s'avèrent des saisons favorables à son observation. Lautomne, parce que des migrateurs viennent renforcer les effectifs. L'hiver, car des hivernants peuvent se joindre aux sédentaires, à moins qu'ils ne les remplacent.
Si vous avez quelques conifères dans votre jardin, le Roitelet huppé passera certainement vous rendre visite, mais il reste peu commun et discret. Il peut visiter les mangeoires en hiver car il s'associe souvent aux rondes de mésanges, mais il ne mange que très rarement des graines.
Le Roitelet huppé a deux couvées par an au printemps. Il niche tout en haut des conifères, où les deux partenaires construisent un nid suspendu avec de la mousse, des lichens, et des fils de cocons d'insectes ou de toiles d'araignées. Ce nid agit comme un réservoir thermique grâce à ses plumes et crins qui le garnissent.
La femelle, trop petite pour couvrir tous les œufs (7 à 11) qu'elle pond, les couve pendant 12 à 16 jours. Ensuite, les deux parents s'impliquent dans l'élevage en fournissant des larves d'insectes et de petites araignées.
Après 15 à 17 jours d'éclosion, les jeunes commencent à voler, et les parents continuent à les nourrir pendant environ 15 jours tout en préparant déjà la prochaine couvée. Parfois, la femelle peut même pondre sa deuxième couvée avant que la première n'ait quitté le nid.
L'habitat du Roitelet huppé s'étend sur une vaste zone, ce qui signifie que cette espèce ne court pas de menace directe. Cependant, l'association BirdLife signale néanmoins un déclin de sa population. De plus, il est possible qu'il soit confronté à des hivers de plus en plus rigoureux, devenant plus rares de nos jours.
Bien plus que le roitelet à triple bandeau, le huppé a pleinement profité de la période de résinisation massive qui a caractérisé la seconde moitié du XXe siècle. Son penchant pour les conifères est particulièrement marqué. Par conséquent, alors qu'il était relativement rare en France jusqu'au XIXe siècle inclus, il est aujourd'hui devenu un oiseau commun des jardins.
Sa propagation s'est également confirmée dans d'autres pays européens, tels que la Grande-Bretagne, où il est devenu un habitué des jardins. Cette observation est tout aussi valable chez nous, où le roitelet huppé est désormais régulièrement observé dans les jardins et les parcs. Il est bien représenté pendant la saison hivernale et semble même avoir une propension croissante à y nidifier.