Animaux architectes : merveilles de la nature

Animaux architectes : merveilles de la nature

Si nous avons appris quelque chose de la science et de la nature, c’est que les animaux sont parfaitement adaptés à leur environnement et le connaissent parfaitement.

La plupart de leurs nids et abris sont des chefs-d’œuvre d’architecture et de précision. Depuis des générations, les animaux perfectionnent leurs compétences en matière de construction. En fait, de nombreux animaux ont une capacité innée à construire des abris en utilisant les ressources qu’ils trouvent autour d’eux. De nombreux animaux dans le monde sont d’habiles architectes et ingénieurs. Les oiseaux tissent des nids complexes à partir de fibres végétales, les castors abattent des arbres pour détourner les cours d’eau et construire leurs huttes, et des millions de minuscules termites coopèrent pour construire des nids impressionnants.

Qu’ils travaillent seuls ou en équipe, ces animaux architectes créent des structures impressionnantes qui leur offrent abri, sécurité et chaleur pour élever leurs petits. Il n’est pas étonnant qu’une si grande partie de notre technologie et de notre construction s’inspire du monde naturel. Les animaux de cet article sont parmi les architectes les plus fantastiques de la nature !

Le nid suspendu

Nid suspendu d'un Tisserin

Le nid de Tisserin est un chef-d’œuvre du monde des oiseaux, construit par le mâle pour attirer une compagne. Sa forme singulière se suspend aux branches et est nouée avec seulement des brins d’herbe grâce au bec et aux griffes de l’oiseau. Les brins sont tissés à des angles opposés, et une ouverture orientée vers le bas est laissée en guise d’entrée. Celle-ci doit être assez grande pour que l’oiseau puisse passer mais assez étroite pour protéger le nid des prédateurs. Une fois que l’ouvrage est terminé, le mâle attire la femelle pour qu’elle l’inspecte. Si elle n’est pas impressionnée, le mâle abandonne ou détruit son nid et en bâtit un autre.

Le nid en forme de four à pizza

Le nid en forme de four à pizz, le fournier roux

Le nid du fournier roux (Furnarius rufus), qui ressemble un peu à un four à pizza, est fabriqué avec soin. Cet oiseau utilise de l’argile ou de la boue mélangée à des fibres, de la paille et des poils qu’il trouve pour construire les murs de cette structure compacte en cinq jours à peine. Une fois terminé, il continue à le façonner jusqu’à la saison des amours pour qu’il réponde à ses exigences.

Les fourniers vivant souvent dans des climats chauds, comme en Amérique du Sud, ils ajoutent la boue progressivement, laissant chaque couche cuire au soleil jusqu’à devenir dure comme de la pierre. Une fois que les murs sont prêts, un toit en forme de dôme est ajouté par le mâle et la femelle qui œuvrent ensemble pour construire leur « four ». Une cloison et une petite entrée sont ajoutées. Pour parfaire leur nid douillet, la femelle couvre le sol de plumes et d’herbes. Les nids des fourniers peuvent être construits presque partout. De nombreuses autres espèces d’oiseaux récupèrent souvent ces nids abandonnés où ils élisent domicile.

Le nid dans les hauteurs

Nid de rat des moissons

La grossesse n’empêche pas le rat des moissons (Micromys minutus) d’utiliser sa queue préhensile comme une cinquième main pour garder l’équilibre et de récolter les feuilles des plantes environnantes pour construire son nid en toute sécurité. À l’aide de ses pattes et de ses dents, le rat coupe les feuilles en fines lanières en suivant leurs veines. Cependant, il est important pour le rat que ces morceaux restent solides, c’est pourquoi il prend soin de ne pas les casser. De plus, comme le rat des moissons utilise des plantes vivantes comme matériau de construction, les feuilles sont tissées dans le nid alors qu’elles sont encore attachées à ladite plante. Le nid conserve donc sa couleur verte pendant une longue période.

Après avoir donné la forme générale à son nid, le rat rentre dans sa demeure et finalise sa construction, ajoutant de plus en plus de brins et les intégrant dans la structure. Les nids font la taille d’une balle de tennis (environ 6 cm) et sont prêts en une nuit seulement. C’est ici que la femelle donnera naissance à ses petits et les élèvera à l’abri du danger et du froid.

Un nid tout en couleurs

La plupart des oiseaux tentent d’attirer des partenaires à l’aide de leurs plumes colorées et de leurs danses nuptiales élaborées, mais l’oiseau jardinier (Ptilonorhynchidae) va encore plus loin en construisant une tonnelle ou un berceau. Les tonnelles sont construites autour d’un poteau central à partir de petites brindilles, tandis que les berceaux ont deux murs verticaux de brindilles avec un espace entre eux. Mais c’est ce que l’oiseau fait ensuite qui est le plus intriguant.

Une fois la tonnelle ou le berceau achevés, le mâle collecte des centaines d’objets de couleur vive pour le décorer et passe des heures à les arranger. Ces objets diffèrent selon les espèces: il peut s’agir de coquillages, de fleurs, de plumes, de baies, de pierres et même d’artefacts comme des fourchettes, des pièces, des clous ou des morceaux de verre. En fait, les oiseaux jardiniers créent des illusions d’optique sous leur tonnelle : ils rangent ces objets du plus petit au plus grand, créant une perspective destinée à attirer l’attention d’une partenaire potentielle. La compétition est rude chez les oiseaux jardiniers. De nombreux mâles ont même recours à des méthodes fourbes, comme le vol, pour s’assurer que leur tonnelle est la plus colorée et la plus impressionnante.

Un nid en papier mâché

Nid de guêpes en papier mâché

Bien que les oiseaux soient connus pour faire des nids complexes, la guêpe poliste crée un nid tout aussi extraordinaire. La salive de ces guêpes se mélange aux fibres de bois mort et aux pousses de plantes pour créer une pulpe collante. Ce matériau résistant à l’eau est ensuite utilisé par les guêpes pour former leur nid. Le nid, ou la ruche, possède des alvéoles ouvertes à compartiments multiples, ou cellules, où les guêpes pondent leurs œufs et élèvent leurs petits. Il est développé à mesure que les larves grandissent et n’a pas d’enveloppe externe, ce qui lui donne l’apparence d’un parapluie. Ces nids se trouvent souvent dans des zones abritées, comme les cadres de porte ou les toits des maisons, ce qui signifie que ces guêpes rencontrent souvent les hommes. Bien qu’elles ne soient pas aussi agressives que les autres espèces de leur famille, les polistes défendent leur ruche et attaquent ceux qui les dérangent.

Les ruches sont accrochées par un pétiole, une tige serrée. Les polistes ont développé une adaptation spéciale pour protéger leur nid des autres créatures. Elles sécrètent une substance qu’elles étalent autour de la base du pétiole pour empêcher les fourmis d’attaquer la ruche.

L’éco-logis des termites

Nid de termites

Les termitières sont l’un des nids d’insectes les plus fascinants, pouvant atteindre jusqu’à 5 mètres de hauteur. On pensait autrefois que les termites résidaient à l’intérieur de la termitière, mais ils vivent en réalité sous le sol. La tour fonctionne comme un système de ventilation complexe, régulant l’environnement intérieur. Les principaux occupants sont un champignon et des termites qui consomment des plantes et de la terre partiellement digérées. En moyenne, ces minuscules créatures sont capables de déplacer un quart de tonne de terre et plusieurs tonnes d’eau par an pour construire ces immenses structures. Des millions de termites minuscules y travaillent à temps plein.

Les termites remodèlent leur nid et ses tunnels pour créer un environnement sain pour leurs petits, mais cet ouvrage peut être ravagé en une seule averse de pluie : jusqu’à un tiers du monticule peut être détruit. Dès que les dégâts sont détectés, des centaines de termites transportent de la terre dans leur bouche et commencent à boucher le trou, créant une réaction en chaîne. Le trou peut être rebouché en moins d’une heure, faisant de cette armée d’insectes un superorganisme aux capacités époustouflantes.

La ruche alvéolée en cire mâchée

Ruche alvéolée de cire mâchée

Les abeilles sont d’étonnants architectes, capables de construire des ruches complexes à partir de centaines de cellules hexagonales. Une seule ruche peut abriter plus de 35 000 abeilles en été. Les éclaireurs recherchent des arbres creux ou des crevasses d’une hauteur de 1 à 5 mètres pour commencer à construire les cellules de la ruche.

Les ouvrières sont dotées de glandes qui convertissent le sucre du miel qu’elles produisent en cire, puis l’accumulent sur leur abdomen. Les abeilles mâchent cette cire jusqu’à ce qu’elle devienne molle et restent groupées pour maintenir la température de la ruche au-dessus de 30 °C, c’est-à-dire la température optimale pour façonner des alvéoles de cire et construire de nouvelles cellules. L’enveloppe externe de la ruche est couverte de résine végétale solidifiée. Le nid n’a généralement qu’une seule entrée orientée vers le bas et comprend de nombreux rayons. Ces rayons parallèles sont attachés à l’enveloppe externe. De petits passages sont laissés entre les rayons, permettant aux ouvrières de déposer leur pollen. Dans le nid, le miel est stocké en hauteur, le pollen au centre et le couvain dans la section inférieure.

Une maison sur l’eau

Une maison de castor sur l'eau

Les castors sont généralement considérés comme des animaux agressifs, aux grandes dents. Mais ce que beaucoup de gens ignorent, c’est qu’ils sont en fait des architectes très doués qui tirent parti de leur environnement. En fait, les castors sont les animaux qui ont le plus d’impact sur le paysage. Dans certains cas, leur impact pourrait même contribuer au changement climatique. S’ils ne peuvent pas trouver un petit étang pour y construire leur hutte, les castors construisent un barrage pour entraver le débit d’une rivière et créer leur propre étang. Ils construisent des canaux pour transporter les troncs les plus lourds jusau’au barrage. Là, ils placent des mâts à la verticale dans l’eau et remplissent les écarts de boue, de pierres et d’herbe qu’ils transportent avec leurs pattes et dans leur bouche. La hutte est créée a partir de branches coupées et de boue au centre de l’étang. A l’automne, les castors la recouvrent d’une couche de boue : celle-ci gèle et rend la hutte impénétrable pour les prédateurs en hiver.

Bien que les castors soient relativement léthargiques lorsqu’ils se déplacent sur terre, ils se rattrapent dans l’eau. Ils sont d’excellents nageurs et peuvent retenir leur souffle pendant 15 minutes, ce qui les rend plus difficiles à attraper pour les prédateurs. L’entrée de leur hutte est construite sous le niveau du sol, ce qui offre une sécurité supplémentaire contre les menaces extérieures.

A l’intérieur, on trouve deux chambres : une pour se sécher et une où vit la famille, généralement quatre adultes et six à huit petits. Les castors quittent leur gite au printemps, revenant avant l’automne pour stocker de la nourriture pour l’hiver. C’est à ce moment-là qu’ils commencent les réparations et créent une nouvelle coque de boue.

Des nids énormes

Nid colossaux de fourmis

Les fourmis tisserandes (Oecophylla smaragdina) sont capables de porter près de 100 fois leur poids, ce qui fait d’elles des expertes dans l’exploitation de leur environnement. Leurs nids ont une forme solide et elliptique et peuvent mesurer jusqu’à 50 cm de long, mais ils sont construits en moins de 24 heures. Non seulement ces fourmis tirent leur nom de leur capacité à tisser des feuilles pour en faire des nids, mais elles ont aussi leur propre adhésif.

Le nid commence lorsqu’une reine pond des œufs sur une feuille. Elle protège et nourrit les larves jusqu’à ce qu’elle ait sa propre armée d’ouvrières. Une fois matures, ces ouvrières commencent à construire le nid et à élever des petits, participant ainsi au développement de la colonie. Les ouvrières entretiennent le nid à l’aide de signaux de communication chimiques et tactiles, et doivent aussi chercher la nourriture et défendre la colonie (15 faits à connaître sur les fourmis).

La construction du nid est un travail d’équipe : les fourmis collaborent en tordant les feuilles et en les tissant, tandis que d’autres attrapent les larves dans leurs mandibules et utilisent de la soie collante pour maintenir les feuilles en place. Une colonie peut être constituée de centaines de nids répartis sur plusieurs arbres et contenir près d’un demi-million d’ouvrières. Ces petites créatures sont plus fortes ensemble que seules.

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